DARK LIGHT
Rapport d'Analyse

Honeypot Cowrie
Rapport d'Analyse

PÉRIODE — 28 avr. → 16 mai 2026
DURÉE — 19 jours
PORT SSH — 22
SCAN VT — 18 mai 2026
IP HONEYPOT — 83.228.247.80
01 — Vue d'ensemble

Chiffres clés de la période

0
Événements totaux
0
Sessions SSH ouvertes
0
Connexions réussies
0
IPs uniques
0
Commandes exécutées
0
Fichiers téléchargés
0
Fichiers uploadés
0
Malwares confirmés VT

Timeline d'activité — 28 avr. au 16 mai 2026

Rouge = pics d'attaque. Pic maximal le 10 mai : 33 081 événements en une journée.

02 — Géolocalisation

Origines des attaques

Carte mondiale des origines

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE — 30 IPs · 16 pays
> 5 000 1 000–5 000 < 1 000
🔍 Analyse — Pourquoi 102 000 événements depuis les Pays-Bas ?

La concentration massive d'attaques géolocalisées aux Pays-Bas ne reflète pas l'origine réelle des attaquants. Les 102 200 événements proviennent de l'AS51396 (Pfcloud UG / VMHeaven.io), un hébergeur de serveurs virtuels (VPS) situé à Eygelshoven. Les attaquants ont simplement loué des machines là-bas — ils peuvent être n'importe où dans le monde.

HÉBERGEUR BULLETPROOF

Ces hébergeurs sont conçus pour ignorer les signalements d'abus (abuse reports). Même en signalant l'IP à l'opérateur, le client malveillant n'est pas coupé. C'est leur modèle économique.

INFRASTRUCTURE RÉSEAU

Les Pays-Bas hébergent AMS-IX, l'un des plus grands points d'échange internet au monde. Faible latence, bande passante élevée — idéal pour des scans de masse sur toute l'Europe.

COÛT ET ANONYMAT

Un VPS chez ce type d'hébergeur coûte quelques euros par mois, payable en cryptomonnaie sans vérification d'identité. L'attaquant ne laisse aucune trace personnelle.

Top 10 pays attaquants

Répartition (donut)

Tableau des IPs

30 entrées
# IP Événements CC Pays Ville Opérateur / ASN Score
03 — Credentials utilisés

Identifiants & mots de passe tentés

Top usernames

root
5 656
support
1 887
admin
1 282
user
757
ubuntu
523
sol / solana
470
test
306
deploy
190
guest
186
minecraft
152

Top passwords

123456
1 963
support
1 726
admin
424
123
341
password
289
12345678
238
ubuntu
157
1qaz@WSX
127
solana
119
admin123
110
⚠ Ciblage Solana / Crypto
Les usernames sol, solana, solv + le password solana cumulent ~470 tentatives — des bots ciblent spécifiquement les serveurs hébergeant des nœuds Solana pour voler des wallets crypto.
ℹ Ciblage cloud Ubuntu
523 tentatives sur le username ubuntu (compte par défaut AWS EC2) — des scanners ciblent activement les instances cloud mal sécurisées.
04 — Analyse VirusTotal

Fichiers malveillants capturés

ℹ Note sur les résultats VirusTotal
Les taux de détection affichés dans ce rapport correspondent aux résultats obtenus au moment de l'analyse (18 mai 2026). Les bases de signatures des antivirus étant mises à jour en continu, les scores peuvent évoluer — un fichier affiché comme "non indexé" peut depuis avoir été identifié, et les taux de détection d'un malware connu augmentent généralement au fil du temps à mesure que les éditeurs mettent à jour leurs définitions.
23
Malveillants
3
Propres
26
Total hashes
88%
Taux détection

Résultats détaillés

26 fichiers
Fichier Type Verdict Détections Taille Premier vu Lien VT
05 — Heatmap temporelle

Heures de pointe des attaques

Distribution horaire des 192 540 événements sur la période. Les créneaux 02h–06h UTC concentrent les pics d'activité bot (fuseaux asiatiques en journée).

Faible
Élevé
06 — Chaîne d'attaque type

Déroulé d'une session Redtail observée

Reconstitution de la session la plus active — IP 213.209.159.158 (AS208137 Feo Prest SRL, Augsburg DE)

1. Connexion SSH automatisée
T+0s — Client identifié : SSH-2.0-Go (script en Go)

Le bot tente de se connecter au serveur en SSH avec le couple identifiant/mot de passe root / 123456. Ce sont des credentials par défaut présents sur beaucoup de serveurs mal configurés. Le honeypot accepte volontairement cette connexion pour piéger l'attaquant et observer ses actions. Le client SSH utilisé (SSH-2.0-Go) trahit un script automatisé écrit en langage Go — ce n'est pas un être humain qui tape au clavier, c'est un programme qui s'enchaîne à des milliers de machines par heure.

2. Reconnaissance de la machine cible
T+1s — Exécution automatique dès la connexion établie

Une fois connecté, le script exécute immédiatement une série de commandes pour recueillir des informations sur la machine qu'il vient de compromettre. L'objectif est de savoir si la cible est intéressante : quel système d'exploitation, quelle architecture processeur, combien de cœurs CPU, quelle quantité de RAM disponible. Ces informations sont cruciales pour choisir quel malware déposer (un binaire compilé pour x86_64 ne fonctionnera pas sur un processeur ARM) et pour évaluer la puissance de calcul disponible pour le cryptominage.

uname -s -v -n -r -m → Affiche le nom du système (Linux), la version du noyau, le nom d'hôte et l'architecture CPU (x86_64, ARM…)
cat /proc/cpuinfo | grep -c processor → Compte le nombre de cœurs CPU disponibles — plus il y en a, plus le minage sera rentable
free -m → Affiche la mémoire RAM disponible en mégaoctets
3. Dépôt des fichiers malveillants via SFTP
T+8s — Transfert de fichiers via le protocole SFTP (SSH File Transfer)

L'attaquant utilise le protocole SFTP (transfert de fichiers chiffré via SSH) pour déposer ses outils sur la machine. Il envoie quatre versions du même malware compilées pour quatre architectures différentes — car il ne sait pas encore exactement sur quel type de processeur tourne la machine. En envoyant toutes les versions, il s'assure qu'au moins une sera compatible. Il dépose également un script de démarrage (setup.sh) et un script de nettoyage (clean.sh).

redtail.x86_64 Serveurs Intel / AMD 64 bits 36 / 61 AV
redtail.arm7 Raspberry Pi, routeurs, objets connectés 35 / 63 AV
redtail.arm8 Serveurs ARM modernes 35 / 63 AV
redtail.i686 Anciens systèmes 32 bits 38 / 63 AV
setup.sh Script d'installation du mineur 28 / 61 AV
clean.sh Script d'effacement des traces 27 / 61 AV

Redtail est un mineur de cryptomonnaie Monero (XMR) — discret car XMR est intraçable contrairement au Bitcoin. Une fois lancé, il utilise toute la puissance du CPU de la victime pour miner à son profit.

4. Exécution du malware & installation de la persistance
T+15s — Phase la plus critique

Le script setup.sh est lancé : il rend les binaires Redtail exécutables, détecte l'architecture du système et lance la bonne version du mineur. Parallèlement, l'attaquant installe une clé SSH publique dans le fichier authorized_keys du serveur. Cela lui permettra de se reconnecter à la machine à tout moment, même si le mot de passe est changé entre-temps — c'est ce qu'on appelle une backdoor persistante. La commande supprime d'abord le dossier .ssh existant pour effacer d'éventuelles traces, puis recrée le fichier avec sa clé.

chmod +x setup.sh redtail.* && ./setup.sh → Rend les fichiers exécutables et lance le script d'installation
cd ~ && rm -rf .ssh && mkdir .ssh echo "ssh-rsa AAAA...rsa-key-20230629" >> .ssh/authorized_keys chmod -R go= ~/.ssh → Installe la clé SSH de l'attaquant pour un accès permanent et discret
5. Effacement des traces
T+22s — Anti-forensique

Avant de partir, l'attaquant tente d'effacer toute trace de son passage. Le script clean.sh supprime les journaux système, vide l'historique des commandes et désactive son enregistrement pour la session en cours. L'objectif est de rendre l'investigation plus difficile : si un administrateur regarde les logs, il ne doit rien trouver d'anormal.

./clean.sh → Supprime les fichiers journaux système (/var/log/*), les fichiers temporaires
history -c && unset HISTFILE → Efface l'historique des commandes tapées et empêche son enregistrement
6. Déconnexion — Mission accomplie
T+28s — Durée totale de la session : moins de 30 secondes

L'attaquant se déconnecte. Toute la séquence a été réalisée en moins de 30 secondes, de manière entièrement automatisée, sans aucune interaction humaine. Le mineur Redtail tourne désormais en arrière-plan sur la machine compromise et envoie les gains en Monero vers le portefeuille de l'attaquant. La clé SSH permet un retour discret à tout moment. Sur un vrai serveur non protégé, cette attaque serait passée complètement inaperçue.

07 — Techniques MITRE ATT&CK

Tactiques & techniques identifiées

T1110.001 ↗
Bruteforce SSH
23 051 connexions réussies via wordlists de credentials par défaut (root/123456, support/support…)
T1098.004 ↗
Injection clé SSH
Clés "mdrfckr" et "rsa-key-20230629" injectées dans ~/.ssh/authorized_keys pour persistance permanente.
T1082 ↗
System Discovery
13 099× uname -s -v -n -r -m, cat /proc/cpuinfo, free -h pour identifier l'architecture et les ressources de la cible.
T1105 ↗
Ingress Tool Transfer
Upload SFTP de 81 fichiers malveillants — Redtail multi-arch, backdoor sshd, xinetd, scripts shell.
T1496 ↗
Resource Hijacking
Malware Redtail (XMRMiner) — cryptominage Monero sur CPU de la victime. 35–40 moteurs AV le détectent.
T1090 ↗
Proxy / Tunnel SSH
6 331 requêtes direct-tcpip — rebond vers SMTP (ports 25/587) pour spam, vers ip-who.com pour géoloc.
T1070 ↗
Indicator Removal
clean.sh (27/61 VT), chattr -ia .ssh, history -c, unset HISTFILE pour effacer toutes les traces post-infection.
T1552 ↗
Credential Access
Backdoor sshd (37–40/64 VT) — remplace le daemon SSH légitime pour capturer les mots de passe entrants.
T1543 ↗
Create/Modify Services
Binaire xinetd malveillant (34/60 VT) déposé pour détourner le super-serveur de services réseau.
ℹ Backdoor IRC (IRCBot) — Famille identifiée
Plusieurs scripts shell (42390022, b1b8308d, e63969f0, ef5c9406) sont identifiés par 38–40 moteurs AV comme Backdoor:Linux/IRCbot.YA!MTB.

IRC (Internet Relay Chat) est un protocole de messagerie instantanée datant des années 90, encore utilisé aujourd'hui. Un botnet commandé via IRC fonctionne ainsi : l'attaquant crée un salon IRC privé sur un serveur qu'il contrôle. Chaque machine infectée se connecte automatiquement à ce salon et attend des ordres. L'attaquant n'a plus qu'à taper une commande dans le salon — par exemple "lance un scan sur ce réseau" ou "télécharge ce fichier" — et toutes les machines infectées l'exécutent simultanément. C'est discret car le trafic IRC ressemble à de la messagerie ordinaire et passe souvent inaperçu dans les pare-feux.